RAPPORT D'ACTIVITES DU SPELEO-CLUB DE PARIS ANNEE 1998 Recherches spéléologiques sur le karst d'Asón RESUME DES ACTIVITES Durant l'été 1998, le Spéléo-club de Paris a poursuivi les recherches qu'il mène depuis 15 ans dans la zone du val d'Asón, en Cantabria (Espagne). Le permis de recherche qui nous était concédé par le Gobierno de Cantabria donnait l'autorisation de prospecter, comme les années précédentes, les quatre grands réseaux du val d'Asón, à savoir : la cueva Coventosa (T.M. d'Arredondo), la cueva Fresca (T.M. de Soba), le Mortero d'Astrana (T.M. de Soba) et le système de Garma Ciega (T.M. de Soba). En 1998, les recherches souterraines se sont dans les faits concentrées sur les gouffres de Cellagua et de Mazo chico. Rappelons que ces deux gouffres font partie du système de Garma Ciega. Mazo Chico, l'entrée découverte par notre club, constitue un gouffre de 720 mètres de profondeur. Comme nous le verrons plus en détail au fil de cet article, les découvertes de 1998 ont été réalisé d'abord dans les réseaux du fond de Mazo Chico (zone au-delà de - 650) et aussi les galeries fossiles de Cellagua (zone entre -250 et -360). En marge de ces explorations profondes, un important travail topographique de surface a été réalisé. L'objectif que nous visions était de préciser les rapports de proximité entre le Mortero d'Astrana et les réseaux de Mazo Chico. Dans une première partie, cet article inclut le journal de l'expédition. Dans une seconde partie, vous trouverez la description des parties nouvellement explorées, avec un niveau de détail qui rend finement compte des travaux effectués sur le terrain. Les annexes donnent en outre des indications relatives à l'origine des topographies et aux méthodes de production de celles-ci. Comme cet article n'a pas pour vocation la synthèse ni la vision globale, nous incitons le lecteur à consulter les articles précédemment publiés dans cette même revue concernant Mazo Chico (voir G & G n° 142 de décembre 1996 et n° 146 de décembre 1997), les termes de celui-ci y faisant implicitement référence. 1 - JOURNAL DE L'EXPEDITION L'expédition s'est déroulée du 25 juillet au 13 août. Au temps le plus fort, elle a compté 9 membres. Le camp de base était établi à La Gandara de Soba, non loin du Centro Comercial "El Carrascal". Pour les pointes à Cellagua et Mazo Chico, le bivouac de la galerie des Bourguignons a une nouvelle fois été utilisé, ce lieu étant à la fois confortable et correctement situé pour accéder à la fois au fond de Mazo Chico et aux galeries fossiles de Cellagua (méandre Arnaud et méandre sud). Les réseaux équipés en 1994 par Spéléo-club de Paris ont été déséquipés (notamment la branche principale de Mazo Chico et le méandre sud). Cette charge de travail importante a pesé sur les capacités de notre équipe ; ce qui explique en partie de moindre résultats que les années précédentes. Les objectifs du fond de Mazo Chico (escalades, continuation du méandre du fond du Puits Qui Dort) se sont révélés peu "payant". Nous pensons qu'il sera difficile de dépasser les terminus atteints aujourd'hui sans archarnement et sans décourager toute une partie de l'équipe. Ci-joint le rapport journalier de notre expédition. - Samedi 25 juillet : Arrivée à La Gándara des premiers participants. - Dimanche 26 juillet : Nous rencontrons José León Garcia de Santander. Ce dernier vient de publier un livre très complet sur les cavités de Cantabria intitué Catálogo de las Grandes Cavidades de Cantabria. Nous échangeons des propos concernant les sources bibliographiques. - Lundi 27 juillet : Nous équipons les premiers puits du sumidero de Cellagua (J.L. Roux, B. Chandelle et Ph. Morverand). - Mardi 28 juillet : Arrivée de M. Bof et J.P. Cassou (de Silicon Caving). - Mercredi 29 juillet : Montée à l'entrée du sumidero de Cellagua, nous constatons le vol de nos équipements personnels, déposés l'avant-veille à l'entrée (Hijos de Puta...). En Prospection, M. Bof découvre trois nouveaux trous à proximité de Llana La Cueva (marqués S.C.P.). Au Mortero d'Astrana, nous découvrons sur la grande banquette de l'orifice du gouffre un laminoir débouchant sur un puits. Nous explorons une galerie fossile d'environ 50 mètres, nous descendons un puits de 10 mètres. Au bas de celui-ci, qui n'avait peut-être jamais été descendu, nous forçons un méandre étroit sur 20 mètres. Malheureusement, trop étroit. Ce réseau, bien qu'il avait surement été déjà été parcouru, au moins partiellement, développe 80 mètres supplémentaires. J.P. Cassou et B. Chandelle commencent un report de surface entre les gouffres de Llana La Cueva et le Mortero. - Jeudi 30 juillet : Nouvelle descente à Cellagua pour J.L. Roux, M. Bof et Ph. Morverand. Dans le canyon de Cellagua, l'affluent de rive droite (à environ 800 mètres de la base des puits de Cellagua) est remonté partiellement. Dans ce méandre, nous notons un bon courant d'air. Mais à mesure que nous le remontons celui-ci devient diffus. Des salles supérieures qui se développent en sommet de méandre peuvent aussi être parcourues. Les traces de pas bien que rares indiquent des passages antérieurs. Plus loin, arrivés à la première corde remontante du canyon de Cellagua (remontée vers le fossile), nous avisons le départ d'une galerie ne figurant pas sur la topographie. Nous poursuivons par curiosité : il s'agit d'un réseau fossile, très ébouleux, perché en hauteur au- dessus de la rivière. Notre progression s'arrête sur un puits non équipé. J.P Cassou et B. Chandelle continuent les reports de surface. - Vendredi 31 juillet : Suite de la topographie de surface. - Samedi 1 août : Nouvelle descente à Cellagua pour M. Bof, J.L. Roux et Ph. Morverand. topographie de la galerie supérieure repérée le 30 juillet (120 mètres topographiés). - Dimanche 2 août : Prospection dans la zone d'El Campizo et Campo Los Corrales pour M. Bof, J.S. Ghirardi et J.Y. Bigot. - Lundi 3 août : Découverte par M. Bof d'une nouvelle torca nommée "Bof". Descente de J.S. Ghirardi et J.Y. Bigot au bivouac de la galerie des Bourguignons. - Mardi 4 août : Exploration de la torca "Bof" jusqu'à - 12 par M. Bof et J.L. Roux. Arrêt sur P30. Un courant d'air nous incite à forcer les passages étroits. J.Y. Bigot et J.S. Ghirardi, arrivés dans la zone profonde de Mazo Chico, attaquent une escalade au lieu dit Les Bigotteries. Nous pensions que peut-être une galerie supérieure nous avait échappé l'an passé. Le passage supérieur est de courte durée ; il se révèle sans intérêt. La suite tant espérée n'est pas au rendez-vous. Au bivouac, quand ils nous font part de leur aventure, c'est la consternation. La jonction tant espérée nous échappera-t-elle définitivement ? Déjà plusieurs d'entre nous le croit. Et nous ne sommes qu'à la première tentative de l'expédition... Maigre consolation : nos deux explorateurs ont parcouru dans le fond une nouvelle galerie, basse de plafond, infâme, se développant sous la galerie des Prédateurs (environ 150 mètres non topographiés). - Mercredi 5 août : E. Hoenraet et Ph. Morverand descendent à nouveau au fond. Le Puits Qui Dort s'ouvrant à partir de la galerie des Cadors, dans la zone profonde de Mazo Chico, constitue le deuxième objectif à traiter en priorité. A leur descente, ils topographient le méandre sur 150 mètres à la base du Puits Qui Dort. Parvenus au terminus de l'année antérieure (l'arrêt sur vasque d'eau), ils constatent que le passage s'est asséché, ils progressent par reptations quasi continue de 80 mètres supplémentaires. A un endroit, un passage particulièrement bas les arrête définitivement. Là, à nouveau, c'est une cruelle déception, d'autant que la topographie nous indiquera ultérieurement que nous revenions par des boyaux infâmes vers des galeries déjà connues... - Jeudi 6 août : Complètement désorienté par nos difficultés à progresser dans la zone du fond, nous décidons de terminer le méandre Arnaud et de déséquiper une bonne partie de Cellagua et Mazo Chico. E. Hoenraet et Ph. Morverand topographient la partie explorée en 1996 au méandre Arnaud (environ 150 mètres) et descendent un puits supplémentaire. Arrêt sur nouveau puits avec bon courant d'air. L'idée d'une nouvelle jonction avec la rivière de Mazo Chico naît. Le même jour, la torca de Mazo Chico est déséquipée par l'équipe J.S. Ghirardi, J.L. Roux, O. Stassart et M. Bof. Les cordes posées en décembre 1994 par le S.C.P. sont sorties... - Vendredi 7 août : Repos général pour les équipes. - Samedi 8 août : Redescente pour E. Hoenraet, J. Ghirardi, M. Bof, O. Stassart et Ph. Morverand au bivouac de la galerie des Bourguignons. Au fond deux équipes opèrent : O. Stassart et Ph. Morverand continuent le méandre Arnaud en pointe. Ils équipent quelques passages et jonctionnent rapidement avec la rivière de Mazo Chico. Cette jonction, la quatrième du genre, nous accorde une dernière victoire sur le gouffre et efface un moment nos déceptions quant à la zone du fond du trou. E. Hoenraet, J. Ghirardi et M. Bof déséquipent le méandre sud. Toutes les cordes sont ramenées au bivouac. - Lundi 10 août : Le lendemain la remontée commence, en déséquipant les puits d'entrée du gouffre de Cellagua. L'équipe est bien plombée (matériel de bivouac, cordes du fond, cordes des puits de Cellagua). Plusieurs allers et retours dans le gouffre sont nécessaires, de même qu'en surface. A la sortie, nous marchons sous le soleil, épuisés, assoiffés... Cette fois Cellagua est terminé, enfin, pour cette année. - Mardi 11 août : Dernier espoir de l'expédition : la torca "Bof". Michel nous assure qu'elle mènera à la rivière Qui Chante environ 250 à 300 mètres plus bas. Mais là encore il n'en est rien. Elle est descendue jusqu'à - 30, sans qu'une continuation claire ne se soit révélée (M. Bof, O. Stassart et Ph. Morverand). Sur la zone de Campo Corrales, nos espoirs sont également déçus : J.S. Ghirardi et E. Hoenraet forcent un passage étroit dans le gouffre SR2. Là aussi, la suite n'est pas rendez- vous. - Mercredi 12 août : Pour terminer l'expédition, nous visitons la cueva de Cullavera à Ramales. Cette grotte bien connue des spéléologues locaux est de très belle dimension. Il est facile de marcher plusieurs durant, sans obstacle majeur. En plus, et c'est peut-être ce qui en fait tout son intérêt, cette grotte renferne des peintures ruprestres. Les hommes préhistoriques parcouraient presque un kilomètre pour aller les peindre...Mais, lors de notre visite, nous n'en n'avons vu aucune (peut-être sont-elles difficilement visibles ?). Au delà, nous avons remonté le cours souterrain jusqu'à une série de grandes salles. A un endroit, l'une d'entre elles est très concrétionnée, de toute beauté. Vraiement, cette grotte sans difficulté, à proximité immédiate du village, vaut le détour. A signaler qu'une grille viendra sous peu en interdire la visite, jusqu'à présent libre. - Jeudi 13 août : L'expédition est terminée. Nous lavons le matériel. Et le soir l'équipe se retrouve à La Cascade, à Asón, pour le repas traditionnel. 2 - PRESENTATION DES RESULTATS 2.1 - Explorations nouvelles au fond de Mazo Chico Deux galeries nouvelles ont été explorées : - un conduit bas se développant sous la galerie des Prédateurs (voir article de G&G n° 146 de décembre 1997 pour sa localisation), - le méandre du fond du Puits Qui Dort. 2.1.1 - La galerie se développant sous la galerie des Prédateurs n'a pas été topographiée. Mais comme elle double cette dernière, et qu'elle s'en écarte peu, ces informations ne sont pas essentielles. Elle est estimée à 150 mètres et n'était pas signalée jusqu'à présent. 2.1.2. - La topographie du méandre au fond du puits Qui Dort apporte des renseignements nouveaux : ce méandre se dirige vers le sud ; ce qui signifie qu'il revient sous les galeries antérieurement connues. Il ne constitue pas, comme nous l'avions imaginé, une voie pour gagner le Mortero d'Astrana. Ce méandre qui débute au fond du puits Qui Dort (43 mètres de profondeur) est la plupart du temps assez glaiseux. Il présente une bonne largeur au début (1 à 2 mètres suivant les endroits) mais devient bas de plafond à environ 100 mètres. Un premier passage bas a été franchi, un long boyau dans lequel on ne se relève jamais fait peut-être une cinquante de mètres supplémentaires. La reptation est de rigueur et plusieurs passages étroits rend le cheminement particulièrement pénible. Seul un léger courant d'air indiquerait une communication avec une autre galerie, peut-être déjà connue. (inclure la figure 4a) 2.2 - Exploration du méandre Arnaud Le méandre Arnaud s'ouvre à partir de la galerie de la Berlue dans les galeries fossiles de Cellagua (plus précisément la Petite Berlue - voir G&G n° 142 page 11 et 13). Son exploration avait débuté en août 1996 avec l'exploration des premiers ressauts, le parcourt d'une galerie fossile à mi-niveau. Cette année, les puits à la suite ont été équipés et la jonction, déjà suspectée les années antérieures, a été réalisée. Outre l'intérêt sportif de cette exploration, nous avons le sentiment d'avoir exploré une ancienne zone de galeries calée sur un ancien niveau piézométrique. En effet, les galeries sont abondamment colmatées par des remplissages carbonnatés (nombreux planchers stalagmitiques indiquant la stagnation des eaux par exemple). A leur aspect des concretions paraissent très anciennes. Mais nous avons remarqué que ces remplissages avaient été ensuite fortement érodés ; ceci étant observable en plus endroits. Nous l'interprétons comme la traduction dans les remplissages de reprise d'érosion par des circulations actives beaucoup plus tardives. Cette observation confirmerait que cette zone fut anciennement noyée, et quelle fut réaménagée par des circulations vadoses quand le niveau de base se fut abaissé. Ces observations confirment, de notre point de vue, la théorie d'un ancien niveau de base situé vers 700 à 750 mètres ; théorie que nous avions présentée dans Grottes & Gouffres n° 142. (inclure la figure n°4b) 2.3 - Topographie d'une galerie supérieure au canyon de Cellagua La galerie dont nous parlons ne figurait sur aucune des topographies de Cellagua que nous connaissons (celle de D. Balart et J.L. Montero de 1980/1983, celle de CASTAR/ARES de 1984/1985 et celle de la SSB de 1967/1968). Elle s'ouvre dans la partie aval du Canyon de Cellagua, au delà de l'affluent de rive droite, à l'endroit où il est nécessaire de remonter dans le canyon pour progresser (à la première corde). Bien qu'antérieurement connue, nous avons jugé bon d'en faire la topographie pour compléter les données sur cette partie du gouffre. (inclure la figure n°4c) 2.4 - Repérages de surface Le report de surface que nous avons réalisé cette année positionnent plus précisément les gouffres de Cellagua (le sumidero et le mortero), le gouffre de Mazo Chico, le gouffre d'Entremazos, et enfin le mortero d'Astrana. A partir de ces données, et en utilisant les reports des réseaux souterrains de Mazo Chico et du Mortero, les calculs indiquent une proximité d'environ 230 mètres au point les plus proches entre les deux réseaux. 2.5 - Descente de gouffres nouveaux 3 - CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES L'exploration de Mazo Chico a montré une réelle difficulté à progresser plus en avant vers le Mortero d'Astrana. Bien que le courant d'air soit présent dans la zone du fond, nous n'avons pu le suivre. Il eu fallu entreprendre des escalades, surement difficiles. Nous pensons aujourd'hui qu'il vaut mieux appréhender le problème à partir du Mortero, étant donné que les réseaux des Parisiens restent d'accès facile par le grand gouffre d'Astrana. L'objectif des expéditions de l'année 1999 sera donc de reprendre les réseaux du Mortero dans une approche systématique en vue de jonctionner les deux principaux réseaux du massif. Espérons que nos initiatives seront couronnées de succès. 4 - ANNEXES 4.1 - Participants à l'expédition 1998 : Jean-Yves Bigot, Michel Bof, Jean-Pierre Cassou (Silicon Caving), Bernard Chandelle, Jean- Sébastien Ghirardi, Etienne Hoenraet, Philippe Morverand, Jean-louis Roux (CASTAR), Olivier Stassart. 4.2 - Topographie et modélisation spéléographique : 4.21 - Origine des topographies : Dans ce chapître, il nous a semblé utile de rappeler l'origine des topographies que nous présentons aujourd'hui ; ceci parce que la topographie que nous manipulons est le travail de plusieurs équipes, de plusieurs clubs, et que pour Garma Ciega en particulier, il en existe plusieurs. - Torca de Mazo Chico : Spéléo-club de Paris (campagnes de 1994 à 1998); la topographie concerne le gouffre de son entrée aux réseaux du fond ; - Cellagua (galeries fossiles à partir de la galerie des Bourguignons) : Spéléo-club de Paris (campagnes de 1994, 1995 et ajoût de 1998); - Garma Ciega/Cellagua : A.R.E.S./CASTAR (campagne de 1984 et 1985); - Garma Ciega : galerie de l'Escalade (campagne de 1995) : Asociación Espeleológica Ramaliega ; - Torca del Sombero : Asociación Espeleológica Ramaliega (campagnes de 1996) ; - Mortero de Astrana : Spéléo-club de Paris (campagnes de 1976 et 1977). Les relevés de la S.S.B (Société Spéléologique de Bourgogne) et de l'interclub E.C.G (Gracia), G.I.M., G.E.S.C.E.C., G.E.S.C.E.Cart., E.R.E.C.E.C. et S.E.G. n'ont pas été réutilisés par les logiciels informatiques. Pour les restitutions, trois méthodes différentes ont été utilisées : - la méthode graphique pour élaborer un plan au 1/1000 (Pilote : Philippe Morverand); - la saisie sous Visual Topo de toute les données concernant le système de Garma Ciega/Cellagua/Mazo Chico et le Sombrero (Pilote : Jean-Yves Bigot) - la saisie des mêmes données que précédemment, avec ajout des données du Mortero en notre possession, sous le logiciel Hades - 2000 (Pilote : Jean-Pierre Cassou). Le plan graphique au 1/1000 constitue le document de référence de nos travaux. C'est , de notre point de vue, un document précieux dont la publication ultérieurement pourra être réalisée sous forme d'un atlas. Les restitions de Visual Topo concernent des canevas topographiques qui ont été utilisés notamment pour imprimer des coupes projetées, des vues en 3 dimensions, dans différentes direction de l'espace. Certaines ont déjà été publiées (voir articles de Grottes & gouffres, Regard). Hades - 2000 a permi d'exploiter plus complètement encore le jeu de données dont nous disposions, à la fois pour obtenir un positionnement relatif du Mortero d'Astrana par rapport à la torca de Mazo Chico, à la fois pour tenir compte des bouclages topographiques à l'intérieur du système de Mazo Chico. Les cotes corrigées sont légèrement inférieures à celle données par Visual Topo. L'aide de Silicon Caving nous a été précieuse pour la saisie des données topographiques d'une part, mais surtout pour l'utilisation de logiciels complémentaires comme le modeleur de terrain, l'intégration avec des images de synthèse. L'expérimentation de ces techniques spéléographiques assistées par ordinateur a permis de valider des logiciels et d'étudier plus à fond le réseau. Par exemple des coupes altimétriques ont pu être réalisées. L'ordinateur avec ses logiciels spécifiques a apporté beaucoup de possiblités nouvelles (coupes projetée dans des axes quelconques, vues 3 D, vues intégrées au terrain,...). Il a permis des restitutions d'une grande variété qu'il eut été impossible d'envisager ne serait-ce que que quelques années auparavent. Bien que cette prospective n'en soit qu'à ses débuts, nous voyons aujourd'hui des développements possibles importants, peut-être une des clées de la recherche de demain. 4.3 - Calcul du développement et des profondeurs du système de Garma Ciega : Au 15/11/98, le développement du système de Garma Ciega peut être calculé comme suit : Développement Estimé Origine topographié non info topo. a/Puits de Cellagua 324 ARES/CASTAR b/Puits du Sombrero 1494 100 AER c/Gouffre de Garma Ciega 7125 ARES/CASTAR /AER/SCP d/Gouffre de Mazo Chico 11980 SCP e/Amont de Cellagua (*) 280 ECG f/Zone profonde de Mazo Chico 510 SCP g/actif de Garma Ciega (*) 100 SSB h/Affluent de rive droite (*) 560 ECG i/Divers (*)(**) 500 200 ECG/SCP Total topographié 22363 m Total non topographié 810 m Total estimé 23173 m (*) Ces parties de réseau n'ont pas été saisies sous Visual Topo (nous n'en possédions pas les données originales). Ainsi Visual Topo comptabilise uniquement 20 923 mètres en développement. (**) Les divers comptabilisent : la galerie des Polonnais (120 m), l'actif amont de Garma Ciega (150 m), les galeries latérales au canyon de Cellagua (150 m), la galerie fossile avant la jonction Garma Ciega - Cellagua (80 m), le passage bas sous les Prédateurs (150 m non topographiés) et le boyau d'extrémité du Puits Qui Dort (50 m non topographiés). Le développement du système est évalué à 23173 mètres (longueur des galeries et puits). Ce chiffre placerait le réseau au 8 ème rang des cavités cantabres ; le réseau de Garma Ciega confirmant sa place dans les "majeurs" du val d'Asón (derrière le Mortero d'Astrana, la cueva Coventosa et la cueva Fresca). Pour les profondeurs atteintes, les cotes calculées (par rapport à l'entrée haute de Garma Ciega) aux points bas du réseau sont : - siphon de Garma Ciega : - 827 mètres (arrondi à 825 par ARES/CASTAR) ; - galerie du Crapeau Muet : - 816 mètres ; - cuve à Mazout : - 811 mètres. Comme nous le voyons, la profondeur du système de Garma Ciega reste inchangée (825 mètres). Garma Ciega reste le gouffre le plus profond de l'arrière-pays de Santander. Le gouffre de Mazo Chico présente une dénivellation de 720 mètres par rapport à son entrée. Ses deux points bas restent légèrement suspendus par rapport au siphon de Garma Ciega ; ce qui est logique puisque ces deux points sont plus éloignés de l'exurgence (Las Fuentes). Le Mortero de Cellagua (topographié par l'A.E.R.) n'est pas relié au système et présente un développement de 675 mètres pour 243 mètres de profondeur. Il a été saisi sous Visual Topo et figure sur nos représentations en 3 dimensions du système. Pour les calculs, les altitudes suivantes ont été utilisées : - entrée de Garma Ciega : 1123 m ; - entrée du Sombrero : 1047 m ; - entrée de Cellagua : 964 mètres ; - entrée du Mortero de Cellagua : 985 mètres ; - entrée de Mazo Chico : 1027 mètres. 5 - BIBLIOGRAPHIE Dans ce chapître, nous indiquons la bibliographie récente de l'auteur et des membres de l'équipe S.C.P. Pour la bibliographie générale nous renvoyons sur la référence [2] qui recence à elle seule 87 références autres, relatives au système de Garma Ciega. 1 - J.Y. BIGOT - 1997 - Le gouffre de Mazo Chico et la haute vallée de l'Asón, Grottes & Gouffres n°146, p. 17 à 25 (remarques karstologiques). 2 - J.L. GARCIA - 1997 - Cantabria subterránea, catálogo de las grandes cavidades (secundo tomo), sistema de Garma Ciega - Cellagua, p. 587 à 595 (synthèse bibliographique). 3 - E. HOENRAET et Ph. MORVERAND - 1998 - Nouvelles explorations dans le système Garma Ciega- Cellagua-Mazo Chico, Regards n° 32, p. 2 à 13 (synthèse sur les travaux S.C.P.). 4 - Ph. MORVERAND - 1997 - Recherches du Spéléo-club de Paris dans le massif de Mortillano, Actes de la 7 ème Rencontre d'Octobre (Sainte-Beaume), p. 100 à 103 (notes karstologiques). 5 - Ph. MORVERAND - 1997 - Pointes en zone profonde à la torca de Mazo Chico, Grottes & Gouffres n°146, p. 4 à 15 (topographie détaillée de la zône du fond). 6 - Ph. MORVERAND - 1996 - Estado de desarrollo de los trabajos del Speleo-club de Paris en las simas de Cellagua y Mazo Chico. Boletin Cantabro de Espeleologia n° 12, p. 87 et 88. 7 - Ph. MORVERAND - 1996 - Récents travaux du Spéléo-club de Paris dans le val d'Asón (Cantabria, Espagne). Spelunca n° 61, p. 6 et 7 (partiellement repris dans Cosif-infos). 8 - Ph. MORVERAND - 1996 - Explorations spéléologiques dans les gouffres de Mazo Chico et Cellagua, Grottes & Gouffres n° 142, p. 4 à 19 (topographie détaillée de Mazo Chico et des galeries de Cellagua). 9 - J.Y. BIGOT - 1995 - Llana la Cueva ou la naissance d'un grand réseau, Grottes & gouffres n° 138, p. 4 à 11. REMERCIEMENTS Je tiens à remercier tous mes camarades du Spéléo-club de Paris qui m'ont fournis des éléments sans lesquels cet article n'eut été possible. Particulièrement Jean-Yves Bigot qui m'a fourni des indications métriques très précises sur le réseau (notamment pour la rédaction du paragraphe 4.3). Le Spéléo-club de Paris remercie la Fédération Cantabrique pour les permis d'exploration qui lui ont été accordé pour l'exploration des réseaux du Val d'Asón. Philippe MORVERAND 15 décembre 1998 5, rue Leroi-Gourhan 78 280 GUYANCOURT (e-mail : philippe.morverand@renault.com) FIGURES DE L'ARTICLE Figure n° 1 - Perspective de la torca de Mazo Chico Ce canevas topographique représente les galeries et puits de Mazo Chico. La coupe projetée est réalisée dans les directions Théta = 200° et Phi = 20°. Le logiciel utilisé est Visual Topo (Editeur : Eric David). Légende : a = entrée de Mazo Chico (1027m) ; b = base des puits de Cellagua (arrivée à la rivière - 241 m) ; c = sommet du puits Balourd ; d = confluence du méandre sud avec la rivière de Mazo Chico (- 480) ; e = arrivée en Zone Profonde (- 656 m) ; f - Cuve à Mazout (- 715 m) ; g = point bas de Mazo Chico (- 720 m) ; h = départ de la galerie des Bourguignons. Figure n° 2 - Système de Garma Ciega (Coupe projetée en 3 dimensions) Ce canevas topographique représente les galeries et puits des gouffres de Mazo chico, Garma Ciega, Cellagua, Sombrero et Mortero de Cellagua. Le logiciel utilisé est Visual Topo. La coupe projetée est réalisée dans les directions Théta = 200° et Phi = 20°. Ce schéma intègre les topographies S.C.P., A.R.E.S./C.A.S.T.A.R., A.E.R., mais pas celles de E.C.G (les méandres amont de Garma Ciega, amont de Cellagua, le méandre aval de Garma Ciega, le premier affluent de rive droite -estimés à 1090 mètres - n'apparaissent pas). Figure n° 3 - Système de Garma Ciega (Plan général) Ce canevas topographique représente les galeries des gouffres de Mazo chico, Garma Ciega, Cellagua, Sombrero et Mortero de Cellagua. Il a été édité grâce au logiciel Visual Topo (éditeur : Eric David). Ce schéma intègre les topographies S.C.P., A.R.E.S./C.A.S.T.A.R., A.E.R., mais pas celles de E.C.G (les méandres amont de Garma Ciega, amont de Cellagua, le méandre aval de Garma Ciega, le premier affluent de rive droite -estimés à 1090 mètres - n'apparaissent pas). Légende : G.C. = Garma Ciega ; So = Sombero ; C = Cellagua (sumidero) ; Mo = Mortero de Cellagua ; M.C. = Mazo Chico. 4 - Plans particuliers Figure 4a : Plan du méandre du puits Qui Dort Figure 4b : Plan du méandre Arnaud Figure 4c : Plan de la galerie supérieure du Canyon de Cellagua 5 - Schémas de repérage